Libre Pensée du Pas-de-Calais

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Publié : 12 septembre 2005

Le curé De Robien livre l’école publique à la curée de l’enseignement catholique !

Communiqué de la Libre Pensée du Pas-de-Calais, en date du lundi 12 septembre 2005

Gilles De Robien se lâche : ce catholique social énonce sa conception rétrograde de l’école de la République. Fidèle aux dogmes ultralibéraux, il affirme que l’école privée confessionnelle est "une chance à saisir", qu’elle est aussi "l’école de la République". En contradiction flagrante avec la loi de séparation des Eglises et de l’Etat, ce ministre entend donc confier encore un plus large financement public aux écoles confessionnelles pour abattre l’école laïque et sa mission émancipatrice.

Invité de l’émission "Face aux chrétiens" sur Radio Notre-Dame, le ministre a déclaré que, pour lui, l’enseignement privé catholique n’était pas un "refuge" mais permettait d’exercer un choix. Il est intéressant que ce représentant de la laïcité institutionnelle aille promouvoir l’école confessionnelle sur les ondes catholiques.

"Avoir ce choix est une liberté de plus qu’offre l’enseignement privé, une chance à portée de main à saisir ou non", ce qui sous-entend que l’enseignement public prive les familles de certaines libertés (mais lesquelles ?), et qu’il ne représente aucunement une chance pour les élèves.

"Il faut donc donner une égalité de moyens à l’enseignement public et privé pour que ce choix puisse s’exercer", a-t-il ajouté. Et c’est ce que la droite fait allégrement depuis trois ans en taillant dans les effectifs de l’école publique, en licenciant des profs précaires par milliers ; en limitant les nouveaux recrutements à un nombre ridiculement bas ; en ne remplaçant pas les très nombreux départs à la retraite ; en détruisant les équipes éducatives par la décentralisation brutale et sans concertation des agents techniques, d’entretien et d’accueil ; en méprisant les élèves et les personnels comme l’a montré l’élaboration et le vote de la loi Fillon si contestée par tous les membres de l’enseignement public.

Et pendant ce temps-là que se passe-t-il pour l’école privée confessionnelle et patronale ? Elle est exonérée de la loi laïque instaurant l’interdiction des signes religieux (et de toutes les autres lois laïques au demeurant) ; elle est exonérée des cotisations sociales liées aux salaires de ses personnels ; elle est aidée à hauteur de 50 % par l’Etat pour financer la retraite complémentaire de ses personnels suite à la loi Fillon sur les retraites. Ces cadeaux se chiffrent en centaines de millions d’euros !

Abattre l’école laïque : une priorité du gouvernement !

De Robien continue la politique réactionnaire et cléricale initiée par Ferry et poursuivie par Fillon. Ils livrent l’école aux intérêts privés des marchands en coupant les financements publics. Ils interdisent toute promotion sociale aux élèves issus de milieux modestes en faisant porter la responsabilité d’un éventuel échec scolaire sur les seules familles, en sabrant dans le même temps les fonds sociaux destinés à payer les repas à la cantine et ceux destinés à compenser les graves difficultés financières et matérielles d’un nombre toujours plus grand de familles. Ces fonds ont diminué en moyenne de plus de 50 % depuis 2003 et on sait ce qui en est de la situation économique et sociale depuis lors !

"Le privé, c’est aussi l’Education nationale, l’école de la République", a ajouté Gilles de Robien. C’est effectivement la grand edifférence entre l’éducation nationale et l’Instruction publique ! Cette dernière n’est confiée qu’aux services de l’Etat, garant de l’intérêt général face aux communautarismes religieux et autres particularismes régionalistes antirépublicains.

"La guerre est finie, terminée, enterrée." selon M. De Robien ; faute d’adversaires, croit-il. Eh bien non, la Libre Pensée continue et continuera sans cesse à revendiquer que les fonds publicss aillent à la seule école publique et laïque. La "guerre" n’a jamais été menée que par le parti clérical réactionnaire face à une école républicaine émancipatrice et accueillant tous les enfants de la République. Cette "guerre" semble recommencer, encouragée par un ministre méprisant envers les professeurs et l’école laïque.

"L’école de la République, qu’elle soit catholique privée ou publique, doit adapter son offre d’éducation à la diversité de l’humain", a-t-il dit. C’est le langage d’un marchand de tapis qui refuse d’envisager la dimension civique, politique et sociale de l’école. Que l’on ne dise pas que l’école catholique est républicaine : elle a toujours combattu les principes de liberté, d’égalité et de fraternité pour y substituer ceux de soumission aveugle, d’inégalité naturelle, justifiée car divine, et de crainte. Si l’école catholique conditionne les enfants pour leur inculquer la soumission à la fatalité économique, sociale, politique et religieuse, l’école laïque, elle, instruit les enfants pour élever leur conscience et leur permettre de s’affranchir des déterminismes multiples qu’ils subissent. Et l’affaiblir c’est renoncer à changer la vie de millions d’enfants pour les cantonner dans la condition sociale de leurs parents sans espoir de s’en émanciper.

C’est cela la politique De Robien : organiser la pénurie dans l’école publique afin de condamner les classes populaires à subir les conditions économiques et sociales sans pouvoir les changer en leur faveur.